Prêts sur titres en devises croisées et risque de change
De nombreux actionnaires détiennent des actions libellées dans une devise mais ont besoin de liquidités dans une autre. Les prêts sur titres en devises croisées constituent une solution pratique, mais ils introduisent des dynamiques de change qui peuvent affecter le ratio prêt-valeur et déclencher des appels de marge indépendamment des mouvements du cours des actions.
Comment les prêts en devises croisées se présentent
Les prêts sur titres en devises croisées surviennent lorsque les actions nanties sont libellées ou négociées dans une devise mais que le produit du prêt est avancé dans une autre. Un actionnaire détenant des actions cotées en dollars de Hong Kong peut souhaiter emprunter en dollars américains. Un investisseur européen possédant des actions libellées en euros peut avoir besoin de livres sterling pour une acquisition immobilière. Dans chaque cas, le prêteur convertit la valeur des sûretés dans la devise du prêt au taux de change en vigueur pour déterminer le montant maximum du financement. Cette conversion crée une sensibilité au change permanente : même si le cours de l’action reste parfaitement stable, un mouvement du taux de change entre la devise des sûretés et la devise du prêt modifiera le ratio prêt-valeur effectif tel que calculé par le prêteur.
Appels de marge liés au change
L’un des risques les plus importants dans un prêt sur titres en devises croisées est la possibilité d’un appel de marge causé entièrement par le mouvement des devises, même lorsque les actions sous-jacentes ont bien performé. Si la devise du prêt se renforce par rapport à la devise des sûretés — ce qui signifie que les actions valent moins en termes de devise du prêt — le ratio LTV augmente. S’il franchit le seuil contractuel, le prêteur émettra un appel de marge exigeant de l’emprunteur qu’il fournisse des sûretés supplémentaires ou effectue un remboursement partiel pour rétablir le ratio. Cette dynamique peut prendre les emprunteurs par surprise s’ils se sont concentrés uniquement sur le risque de cours et n’ont pas modélisé la dimension de change. Une évaluation des risques solide avant le tirage devrait soumettre le ratio LTV à des scénarios de stress testant des mouvements de change réalistes sur la durée du prêt.
Couvrir l’exposition au change
Les emprunteurs qui ne souhaitent pas conserver une exposition au change non couverte disposent de plusieurs options. Une approche simple consiste à conclure un contrat de change à terme au moment du tirage, en fixant le taux de change pour le montant du remboursement à l’échéance. Cela élimine le risque de change sur le principal, mais laisse les paiements d’intérêts exposés s’ils sont dus dans la devise du prêt. Une couverture plus complète implique un swap de devises croisées, qui convertit tous les flux de trésorerie — principal et intérêts — dans la devise privilégiée de l’emprunteur tout au long de la durée du prêt. La couverture a un coût, généralement reflété dans les points de terme ou le spread du swap, qui doit être intégré dans le coût total du financement. Black Haven peut discuter des stratégies de couverture avec les emprunteurs et, le cas échéant, faciliter la coordination avec les contreparties de change.
Libellé des sûretés et choix structurels
Lorsque la flexibilité existe, choisir une devise de prêt qui suit étroitement la devise des sûretés réduit sensiblement le risque de change croisé. Certains emprunteurs peuvent accéder à des couvertures naturelles : par exemple, si l’emprunteur dispose de revenus ou de passifs courants dans la même devise que les actions, le tirage du prêt dans cette devise élimine le décalage de change à la source. Une autre option structurelle consiste à négocier un ratio LTV calculé dans la devise des sûretés tout au long de la durée du prêt, avec le montant du prêt fixé dans la devise du prêt — ce qui revient à fixer le taux de change au tirage à des fins de calcul du LTV. Cette approche offre plus de prévisibilité mais peut ne pas convenir à tous les prêteurs ni à toutes les conditions de marché, et doit être convenue explicitement dans la convention de facilité.
Surveillance continue et reporting
Les facilités en devises croisées nécessitent un suivi actif de deux variables — le cours de l’action et le taux de change — plutôt que d’une seule. Les emprunteurs devraient demander à leur prêteur de fournir des rapports LTV réguliers indiquant la valeur des sûretés ajustée au change, afin qu’il n’y ait aucune ambiguïté sur la situation du portefeuille par rapport au seuil d’appel de marge à tout moment. Black Haven fournit à ses clients un reporting transparent et régulier qui intègre à la fois les mouvements du cours des actions et du change dans l’évaluation des sûretés. Une communication proactive entre prêteur et emprunteur est particulièrement importante dans les facilités en devises croisées, car des mouvements de change rapides peuvent faire évoluer sensiblement le ratio LTV sur une très courte période.
Questions fréquentes.
01Puis-je recevoir un appel de marge même si le cours de mon action n’a pas baissé?
02Devrais-je couvrir l’exposition au change dans un prêt sur titres en devises croisées?
03Le prêt peut-il être libellé dans la même devise que les actions nanties?
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